A ceux qui ne se sont pas trahis...
- introduction -

A ceux qui ne se sont pas trahis...


C’est parce que nous sommes en relation avec des personnes, à l’intérieur ou qui ont quitté Habitat et Humanisme, que nous obtenons des informations sur le fonctionnement de cette structure et son histoire. A ces personnes, nous disons merci. Il leur fut parfois difficile de nous parler. Ce fut pour elles une façon de rester cohérentes, en accord avec leurs consciences. Des chrétiens et chrétiennes, souvent, désolés à cause de l’inadéquation entre les idées affichées et les pratiques, voire
démoralisés de constater le cynisme et les bassesses mis au service d’une cause qu’ils continuent de penser louable.

Nous nous sentons proches de ces gens qui se sont refusés, fusse par leur silence, à être complices de pratiques qu’ils désapprouvent.

Quant aux autres - grands bourgeois, notables - responsables de l’archevêché, d’Habitat et Humanisme, de la mairie de Toulouse..., ils auraient sans doute préféré que nous laissions dans l’ombre leurs propos et leurs agissements. Ils nous l’ont dit « Le monde des affaires requiert une certaine discrétion. » Seulement voilà, le monde des affaires n’est pas le nôtre. Ils nous ont dit aussi, pour bien nous signifier la fin inéluctable de notre expérience en ce lieu : « la pression économique, c’est comme la pression atmosphérique, nul ne peut s’y soustraire ». (Armand De Pradier d’Agrain, président d’H&H lors d’une réunion publique à TO7 le jeudi 14/12/06). Ces gens-là ne peuvent ni accepter, ni comprendre que nous, armés simplement de nos mots, de nos mains, de nos corps et du don de notre temps, nous ne pensions pas le monde en termes d’utile, de rentable, de fatal.

Pour ces gens qui savent ce qu’il convient de faire pour soulager la misère de ce monde que, par ailleurs, eux, et ceux qui leurs ressemblent, fabriquent au jour le jour, notre présence ici est un crime. Un crime à la sacro sainte loi du marché.

Un crime que "l’inconséquence" qui est la nôtre d’agir non soumis ni à Dieu ni à personne, animés de notre seule certitude qu’un monde juste, fraternel et pacifié se construit au jour le jour avec des hommes libres et conscients. C’est à dire habités de culture, de poésie, d’histoire et de révolte.

Il est donc moral pour ces gens qui nous jugent que cesse le scandale de notre impertinence. L’exemplarité, la recherche de la vérité (même si elle dérange) et l’exigence sont les principes moteurs de notre action. Comme le dit souvent une de nos camarades, lorsque nous sommes habités par le doute et que pourtant il faut faire : « La fin ne justifie jamais les moyens ».

Alors, pour que chacun sache et choisisse en conscience son chemin, nous qui savons aujourd’hui les liens d’H&H et avec l’Eglise, de la manne financière et patrimoniale que celle-ci représente à ses yeux, nous entendons parler vrai et avons choisi de vous raconter par le menu, l’anecdote, ce que nous vivons depuis quelques mois.


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Des masques et des Visages sommaire de la chronologie chapitre 1