La prison tue
Vendredi 6 Novembre 2009

Le vendredi 6 novembre 2009, l’Atelier Idéal accueille le collectif anti-carcéral qui organise l’évènement :

LA PRISON TUE !!!

CAMPAGNE CONTRE LES PEINES ELIMINATRICES L’ISOLEMENT CARCERAL

Débats, manifs, organisés à Paris, Lyon, Nantes, Clermont-Ferrand, Ambert, Marseille, ...


A TOULOUSE

Jeudi 5 novembre

Prison : La sortie impossible 12h/14h cafétéria de l’Arsenal (UT1)

Vendredi 6 novembre

Longues peines et isolement

à partir de 18h à La Chapelle

... rencontre, apéro, soupe, projection, débat ...

Exposition : le vaisseau pénitentiaire

Jeudi 12 novembre

Sortie du livre "Peines éliminatrice & Isolement carcéral" (ed. L’envolée)

dès 19h à TERRA NOVA

18 rue Gambetta

Samedi 21 novembre

Déambulation dans la ville

Rendez-Vous à 14h à la prison (vide) de St Michel

et à 17h30 à la prison (pleine) de Muret

AU MOIS DE DÉCEMBRE, PROJECTION DU FILM « LES PRISONS, AUSSI » D’HÉLÈNE CHATELAIN (1974) AU CINÉMA LE CRATÈRE (SAINT-MICHEL)

... plus de renseignements sur le site de l’ ARPPI : ARPPI. INFO

GIF - 11.6 ko

Collectif Anti Carcéral

Ce qui pose actuellement problème dans le débat autour de « l’horreur carcérale » ce sont les points de vue qui défendent l’idée d’un enfermement à visage humain et d’une possible « transparence » des murs : cela permet de faire l’économie de la remise en cause de l’existence même de ces murs.

Il y a une fausse naïveté à ne pas comprendre qu’un milieu coercitif comme la prison fonctionne nécessairement sur l’opacité et le silence.

Cette mobilisation pour l’abolition des longues peines et des quartiers d’isolement n’est ni la première, ni - hélas - la dernière : les prisonniers et prisonnières ont depuis longtemps inscrit ces deux points dans leurs revendications.

En 2000, les prisonniers de la centrale de Lannemezan rendaient public le texte suivant :

« Au début des années 1980, la peine de mort est abolie. Mais depuis, à la peine de mort s’est substituée la peine de mort lente, celle de années de pourrissement passées dans ces prisons qui deviennent de véritables tombeaux pour emmurés vivants. Nous émettons le voeu que soient abolies les longues peines, substituts cruels à la peine de mort et injure à notre civilisation. Nous émettons le voeu que les détenus gravement malades (sida, leucémie, sclérose en plaques, cancers) soient libérés. Nous émettons le voeu
que soient fermés ces lieux de non-droit que sont les mitards ainsi que les quartiers d’isolement. Nous émettons le voeu d’avoir des parloirs nous permettant de recevoir nos familles décemment. Nous émettons le voeu de pouvoir avoir droit à des relations sexuelles sans condition. Nous émettons le voeu de bénéficier d’activités culturelles (ateliers, concerts, rencontres) ; nous crevons de ne pas pouvoir vibrer au contact d’émotions artistiques ».
La logique qui préside à la distribution de peines éliminatrices n’est pas le fruit des rêves macabres de quelques juges. Non, c’est l’affaire de tout un système répressif basé sur l’exclusion et l’enfermement de ceux qui s’insoumettent aux lois. Un système qui fait peur à tous les autres. Dénoncer les peines éliminatrices et exiger la fermeture des quartiers d’isolement revient à demander la fin de toutes les prisons. La critique du système judiciaire et carcéral passe forcément par la critique du monde qui le génère.
Ce qui est essentiel pour le moment, c’est de permettre une compréhension
toujours plus poussée des mécanismes de l’oppression ; c’est de créer des complicités et des résistances qui s’enrichissent sans cesse. Ce sont ces liens et les luttes qui les accompagnent qui sont porteurs de liberté. »

« Quand tu sais que tu es en train de faire perpète, ce n’est pas simplement un jour après l’autre, non : chaque jour, tu fais perpète en entier, avec les souvenirs anticipant de plus en plus tes souffrances à venir.

Et cette solidification des heures, quand elle se cristallise en une gelée vitreuse... et la vie qui devient une maladie...

C’est la plus terrible institution de notre époque que cette justice, fatiguée de surenchérir sur le crime qu’elle prétend punir, ne crucifiant plus, n’écartelant plus, de dépeçant plus, n’empalant plus, ne brûlant plus et, même, ne décapitant plus.

Il n’y a plus ni fer ni roue ni gibet ni bûcher ni rien. Ce qui remplace tout, c’est le temps. La vie amputée du temps !

C’est ça la prison : du temps infligé dans sa nudité. On ne tue pas, on laisse mourir. »

Serge Coutel