Soirées RELACHE qui se sont déroulées entre Septembre 2004, au lancement du concept de la "soirée RELACHE", et Juin 2005 ( liste encore non exhaustive ... mise à jour en cours ! )

’Pas lieu d’être’ (documentaire)
15 février 2005

A partir de 19h, la Relâche vous invite à la projection du remarquable documentaire de Philippe LIGNIERES et Hélène MORSLY :

PAS LIEU D’ETRE

Au nom de la sécurité et de l’hygiène, un urbanisme de la non-assistance s’organise froidement. Synonyme depuis toujours de civilisation, d’ouverture et de solidarités complexes, la ville se morcelle et se ferme de plus en plus à l’autre. Les victimes auxquelles on pense en premier lieu sont les sans abris. Mais au-delà, c’est toute la façon de vivre dans et de la cité qui en pâtit.

Documentaire - 52 mn - France 2003 - Production : Les Films du sud

Ci-dessous un commentaire sur ce documentaire de VAZCO paru sur le site linuxfr.org.

[...] Un documentaire modeste et génial, qui laisse parler les interlocuteurs et qui laisse penser le spectateur (pas de voix-off bêtifiante comme il y en a dans tous les documentaires-fiction qui ont envahi le petit écran).

[...]
J’entends déjà les protestations d’esprits chagrins qui vitupèrent : keskenananavoiraveklinuks ? Va donc poster sur urbanismefr au lieu de polluer ma pause café matinale ou mon pieu travail avec ces critiques même pas de cinéma !

À ceux-là, je réponds que ceux qui gèrent et conçoivent nos villes rêvent aussi d’un réseau des réseau à leur image, que l’enregistrement des données de connexion va de pair avec la pose de caméras de vidéosurveillance, que la volonté de contrôler et surveiller les contenus est le pendant des règlementations qui fondent l’existence de galeries marchandes, systèmes de franchises, etc.. Vous saisissez la subtile analogie avec le web, les logiciels libres et tout le toutim, j’imagine ? C’est de liberté ou de contrôle qu’il est question, ni plus ni moins.

L’auteur du documentaire place d’ailleurs une remarquable citation tirée de Surveiller et punir, de Michel Foucault. Du coup, ça m’a donné envie de le relire et je l’ai retiré de mes étagères où il roupillait peinard :

« Traditionnellement le pouvoir, c’est ce qui se voit, ce qui se montre, ce qui se manifeste, et de façon paradoxale, trouve le principe de sa force dans le mouvement par lequel il la déploie. Ceux sur qui il s’exerce peuvent rester dans l’ombre ; ils ne reçoivent de lumière que de cette part de pouvoir qui leur est concédée, ou du reflet qu’ils en portent un instant. Le pouvoir disciplinaire, lui, s’exerce en se rendant invisible ; en revanche il impose à ceux qu’il soumet un principe de visibilité obligatoire. Dans la discipline, ce sont les sujets qui ont à être vus. Leur éclairage assure l’emprise du pouvoir qui s’exerce sur eux. C’est le fait d’être vu sans cesse, de pouvoir toujours être vu, qui maintient dans son assujettissement l’individu disciplinaire. »
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