Le désespoir est assis sur un banc ...
11 décembre 2006

« Le désespoir est assis sur un banc... » écrivait Jacques Prévert.

Aujourd’hui, à Toulouse, le désespoir n’a plus même le droit de s’asseoir sur un banc.
Un fait divers, le drame du Pont-Neuf le 12 septembre dernier, a fourni à la Mairie le prétexte pour se lancer dans une politique répressive vis-à-vis de tous ceux qui n’ont pas de domicile fixe.

> Création d’une délégation contre la « marginalité agressive » ;

> Formation d’une « Brigade Anti-Marginalité » (BAM) au sein de la police municipale. Vote d’un arrêté anti-camping sauvage ;

> Sur le terrain : harcèlement des S.D.F., interpellations, amendes, déplacements forcés (200 personnes vivent sous tente sur la commune).

Si on y ajoute l’évacuation brutale de plusieurs squats, culturels ou d’habitation, tout témoigne d’une volonté délibérée de nettoyer l’espace public.

Haro donc sur les « marginaux » ! Mais de qui parle-t-on quand les difficultés de logement touchent un nombre toujours croissant de personnes ? Chômeurs, Rmistes, précaires, travailleurs pauvres... chacun mesure l’effritement des statuts et des revenus.

Où ça s’arrête ? Où commence la marge ?
Qui a fait le « choix » de son sort ? Qui fait partie des « classes dangereuses » ? Qui va subir le bâton et qui, encore un temps, la carotte ?

La Ville rose jouit d’une image forte. Dynamisme, douceur de vivre, convivencia méridionale... L’effet carte postale est recherché ; la Mairie lance d’ailleurs l’accueil de tournages cinématographiques comme nouvelle vitrine de pub. Mais la ville transformée en décor peut devenir invivable. Dans un centre aseptisé, les gens de la rue font tache. Notre société d’abondance ne les perçoit plus que comme des déchets, gênants, honteux.

Aux pauvres on enseigne depuis longtemps la honte.et le dos courbé. Maintenant il faudrait en plus que l’on ait peur.de ceux qui en sont réduit à dormir dans la rue.

Dans certains logements on refuse de payer des loyers, ailleurs on conteste des factures d’eau hors de prix. Récemment un squat a même été repris après son évacuation à Toulouse.

Dans notre ville aujourd’hui des gens de la rue résistent, organisés dans un collectif S.D.F.

De la rue ou pas, nous sommes d’abord pareillement des humains, voisins d’une même cité, passants d’un même trottoir. La ville appartient à tous et chacun doit y avoir sa place.

Retrouvons-nous, agissons ensemble pour ne plus subir
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lundi 11 déc 2006, au lieu dit La Chapelle, 36 rue D.Casanova, dans le cadre de la "Relâche" à partir de 19h.