48
mardi 20 mai

Ce mardi 20 mai, dans le cadre de la semaine portugaise du PRINTEMPS DES RÉVOLUTIONS, l’Atelier Idéal accueille l’historien Victor Perreira et projettera le film 48 de Susana De Sousa Dias.


18h : ouverture des portes

20h : Projection de court-métrages de la télévision belge

sur la révolution des oeillets au Portugal

20h30 : Rencontre/Discussion avec VICTOR PERREIRA

21h : Projection du film 48

de Susana De Sousa Dias



A propos de VICTOR PERREIRA

Victor Perreira est maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Pau, chercheur dans l’équipe Identités, Territoires, Expressions, Mobilités (ITEM) depuis septembre 2010.

Il a remporté le prix spécial de la revue Análise Social (prestigieuse et ancienne revue de sciences sociales au Portugal) pour son article qui défend l’idée que la forte émigration portugaise qui s’est dirigée vers la France de 1957 à 1974 a contribué à l’émergence de politiques sociales lors des dernières années de la dictature de l’Estado Novo.

Durant cette soirée, Victor Perreira fera un rappel du contexte historique du Portugal sous le régime de Salazar et présentera les impacts de la révolution notamment sur les intellectuels Européens.


A propos du film

48 de Susana De Sousa Dias (2009, 83 min, VOSTFR)

48 ? Les 48 ans de la dictature de Salazar sur le Portugal et ses colonies. Sur fond de photos anthropométriques de la PIDE, la redoutée police politique du régime, des opposants se souviennent.

D’un côté l’histoire cachée de ces photos, de l’autre le face à face du bourreau et de sa victime fixé pour l’éternité. La plupart de ces photos sont neutres, inexpressives. Elles parlent surtout de ce qui ne se voit pas - des bourreaux, de leur fantasme de maîtrise absolue, d’anéantissement de l’autre. Derrière ces images monochromes et monotones, tristes et inertes, des voix, celles de ces mêmes personnes photographiées hier par la PIDE et qui se souviennent aujourd’hui, devant nous avec leurs mots, leurs peurs, leurs cicatrices, de leur arrestation, des sévices, des tortures, des humiliations, de la prison.

Parfois, les photos manquent. Les fichiers ont été détruits ou perdus. À leur place, des plans immobiles, nocturnes, d’arbres, de clôtures. Ce vide est pire que les clichés anthropométriques. Les portraits témoignent encore d’une présence, d’un passage. Les paysages renvoient à une disparition absolue, sans traces, sans témoins. Derrière les voix, l’ombre des fantômes. Et puis dans cette grisaille sans fin, cette répétition terrifiante, un trou, un éclair. L’exception, l’inimaginable : le rire franc, provocant, d’une jeune fille, cette force et cette inconscience merveilleuse de la jeunesse qui sait que la vie lui appartient, que nul ne peut la lui prendre, un sourire radieux, éblouissant, dont on devine combien il a laissé désarmé l’homme en face, puisque le cliché, si peu dans les normes policières, a été gardé.

Le film a obtenu le Grand Prix du festival international de films documentaires Cinéma du Réel en 2010.