Torre Bela
samedi 24 mai

Ce samedi 24 mai, de midi à minuit, l’Atelier Idéal vous convie à conclure sa semaine portugaise du PRINTEMPS DES REVOLUTIONS par une nouvelle série de projections de documentaires introuvables !

AUBERGE Portugaise de 12h00 à 14h30

Venez partager un repas ensemble et apportant un plat/boisson de votre choix.

PROJECTIONS :

* 15h : Républica, journal du peuple, de Ginette Lavigne

* 16h30 : Nous ouvrières de la Sogantal, de Nadejda Tihou

* 18h : Que ferais-je de cette épée, de J. Cesar Monteiro

* 19h30 : Soirée SPÉCIALE autour de Torre Bela

PROJECTIONS : Torre Bela de Thomas Harlan

et Linha Vermelha (La ligne rouge), de José Filipe Costa

RENCONTRE : Francis Pisani (écrivain, journaliste, documentariste)

et Rui Simões (réalisateur du film Bon Peuple Portugais)

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- PROJECTION - 15h

Républica : journal du peuple, de Ginette Lavigne (France, 1998, 52 min, VOSTFR)

Portugal, 1975. Depuis un an, la "révolution des Œillets" fait rêver. Au nom du pouvoir populaire, usines, terres et maisons sont occupées.
En mai 1975, c’est un quotidien socialiste, le journal "Republica", qui est occupé par la commission des travailleurs. Cet événement cristallise d’un coup tous les enjeux de la révolution portugaise : la lutte n’est plus entre la droite et la gauche mais entre la gauche révolutionnaire et la gauche parlementaire. Les médias internationaux ne s’y trompent pas : pendant deux mois "l’affaire Republica" fait la une des journaux. Portugal, 1998. Quelques acteurs de cette histoire : administratifs, journalistes, typographes se souviennent.

  • 16h30 : Projection de NOUS OUVRIÈRES DE LA SOGANTAL

Nous ouvrières de la Sogantal

Documentaire de Nadejda Tihou

(France, 2010, 58 min, VOSTFR)

Alter Ego Productions

Portugal, 1974. Peu de temps après le Coup d’Etat du 25 avril, 48 ouvrières de la Sogantal occupent leur usine, exigeant de meilleures conditions de travail. Leur patron, français, prend la fuite. Rapidement, la lutte de la Sogantal devient emblématique de la « période révolutionnaire » portugaise. Trente ans plus tard, c’est une histoire oubliée.

+ d"infos sur le site d’ALTER EGO

-* 18h : projection de Que ferais-je de cette épée ?

Que ferais-je de cette épée ?, de J. Cesar Monteiro
(1975, 65 min, VOSTFR)

J. Cesar Monteiro filme des manifestations d’ouvriers (on est juste après la Révolution des Œillets) contre la participation du Portugal à l’OTAN et y insère des plans du Nosferatu de Murnau.

+ d’infos sur http://culturevisuelle.org/kinoks/archives/506

  • 19h30 : Soirée SPÉCIALE autour de l’expérience de Torre Bela

RENCONTRE : Francis Pisani, auteur de Torre Bela, on tous le droit d’avoir une vie (1977)
et Rui Simões (réalisateur du film LE BON PEUPLE PORTUGAIS)

Torre Bela, de Thomas Harlan
(1975, 80 min, VOSTFR)

Torre Bela, immense propriété des ducs de Lafões, est occupée par des ouvriers au chômage, au lendemain de la chute de la dictature au Portugal. Le terrain agricole n’étant plus exploité par son riche propriétaire, les ouvriers s’organisent en coopérative pour tenter de cultiver les milliers d’hectares inutilisés. Membre du Comité Révolutionnaire pendant la Révolution des Œillets, Thomas Harlan rend visible dans son film le processus d’occupation de cette grande ferme et l’apparition progressive d’une organisation collective, basée sur le pouvoir populaire. Avec son équipe, le réalisateur suit l’action de ces travailleurs ruraux —une action qui semble transformée et stimulée par la présence de la caméra.

Linha Vermelha (La ligne rouge), de José Filipe Costa
(Portugal, 2011, 100 min, VOSTFR)

Linha Vermelha revient sur l’un des films mythiques tournés au Portugal : Torre Bela de Thomas Harlan (1975). Écrivain et cinéaste militant, fils de Veit Harlan (auteur du Juif Süss), Thomas Harlan a filmé plusieurs mois durant l’occupation de la grande propriété terrienne du Duc de Bragance par les paysans sans terre. Symbole d’une utopie révolutionnaire, cette tentative de créer une communauté alternative, autogérée et égalitaire est née du vent de liberté qui a gagné le Portugal après la Révolution des Œillets, en 1974. Entrecoupé d’extraits du film de 1975, José Filipe Costa interroge les acteurs principaux de cette aventure politique sur la manière dont elle a pu changer le destin de chacun.

Mais Linha Vermelha est aussi une réflexion audacieuse sur le cinéma militant et, d’une manière plus générale, sur le rôle politique du cinéaste engagé. Car le film révèle clairement que Thomas Harlan ne s’est pas contenté de porter témoignage des événements de la Torre Bela, mais qu’il a pris une part active dans l’organisation du mouvement et dans la définition de ses objectifs. Linha Vermelha a en effet le mérite de ne pas refouler des aspects troublants dans l’approche de Harlan qui, à plusieurs reprises, n’a pas hésité à manipuler les paysans pour que leur action corresponde au programme idéologique du cinéaste militant.

Le film met ainsi en lumière l’ambiguïté des rapports entre l’intelligencia et les classes populaires dans le cadre d’un projet révolutionnaire, ce qui n’est pas sans lien avec des événements produits en France à la même époque.
(Ariel Schweitzer - Cahiers du Cinéma)