Iconoclaste #2
samedi 30 mai 2015

Du vendredi 29 au dimanche 31 mai 2015, la Chapelle accueille les Journées iconoclastes, des journées de conférences, débats, ateliers, réflexions, partages et discussions autour de différents thèmes qui nous posent question !


2ème journée le samedi 30 mai !

11h : table ronde sur l’ethnorégionalisme
avec Françoise Morvan et Eric Fraj,

16h : Conférence-débat avec Yves Coleman
« L’antisémitisme de gauche »

20h : Conférence-débat présentée par Jordi Vidal
« Le post-modernisme : la stratégie ou l’extinction des Lumières »


A propos de la table ronde sur l’ethnorégionalisme

Suite à la conférence de la veille sur l’ethnorégionalisme, une table ronde se tiendra avec Françoise Morvan qui sera rejointe par Eric Fraj, ainsi que les autres conférenciers du week-end.

Eric Fraj, auteur-compositeur-interprète, enseigne la philosophie et l’occitan à Muret.

Militant engagé dans la défense de l’occitan, il est l’auteur du livre Quel occitan pour demain ? (Editions Reclams) dans lequel il invite le milieu occitaniste à se pencher sur ses erreurs et ses dérives :
"Fraj ne se contente pas de dénoncer le manque d’efficacité des militants occitanistes. Il en décortique les causes. Selon lui, ceux-ci vivent dans le mythe de la "pureté" : ils préfèrent la langue telle qu’elle devrait être à la langue telle qu’elle est. Une tentation que Fraj n’hésite pas à qualifier de "totalitaire". De fait, il se produit des exclusions subreptices - des dictionnaires, des publications, des médias - des parlers et des artistes considérés comme trop dialectaux, car trop populaires. Aux yeux de certains militants, le peuple serait en effet "peu fiable, contaminé par le virus du français, parasité par un conditionnement sociopolitique et culturel pluriséculaire". Et Fraj de relever subtilement : "Pauvreté de l’occitanisme quand il croit trouver son identité dans la rage qu’il déploie contre la France et le français. Médiocrité de l’occitanisme quand il n’est que réactif, c’est-à-dire n’existe que contre, et non pas dans une affirmation positive et première."
Extrait du journal L’Express du 27/01/15


A propos de l’antisémitisme de gauche

La plupart des militants et des intellectuels de gauche ou d’extrême-gauche considèrent que l’antisémitisme tout court serait un fléau en voie de quasi disparition, alors pourquoi diable s’intéresser à « l’antisémitisme de gauche » ?
Pourtant cet antisémitisme existe depuis près de deux siècles et a pris différentes formes dont il faut à la fois retracer l’histoire au sein du mouvement ouvrier, mais aussi souligner les continuités et les discontinuités jusqu’à l’antisémitisme mondialisé actuel, qui, dans la grande communion du cyberespace, fédère toutes les formes d’antisémitisme, du vieil anti-judaïsme religieux chrétien et musulman à l’antisémitisme racial, nationaliste, anti-capitaliste ou anti-impérialiste, permettant à des groupes et des individus très différents politiquement de communier dans la même haine (assumée ou pas) : celle du Juif.
Sans une telle vision d’ensemble de l’antisémitisme de gauche, il est impossible de comprendre la portée de l’assassinat d’Ilan Halimi (réduit à un simple fait divers par la gauche et l’extrême-gauche en 2006), des meurtres commis par Merah, Nemmouche ou Coulibaly, mais aussi les alliances a priori contre nature entre l’extrême-droite pro-islamiste, le politicien raciste Dieudonné et l’extrême-gauche qui se prétend antisioniste.


A propos du post-modernisme

« L’une des victoires du postmodernisme est d’être considéré comme un mouvement profondément de gauche. Il s’y entend comme personne pour soutenir toutes les postures et ne jamais défendre un seul combat qui évoquerait, même de loin, l’existence d’une lutte des classes. "L’indigène de la République" se substitue à l’exploité, les "queers" font l’impasse sur les luttes féministes et l’hétérosexualité devient un impérialisme à combattre. On conteste la domination de l’homme blanc abstrait, jamais celle de la marchandise concrète ».
Ce bref extrait, tiré de l’un de son ouvrage "Servitude et simulacre", donne à lui seul un aperçu de la réflexion de Jordi Vidal sur les dérives qui sclérosent l’esprit critique, le renvoyant à un simulacre de pensée et à de nombreux sophismes.
Il dénonce, également, un monde où le « relativisme culturel », fait « l’apologie de la différence pour la différence ». En bref, il dénonce les attaques contre le rationalisme des « Lumières » aux fins de perpétuer la servitude de l’Homme par l’Homme.

Jordi Vidal est l’auteur de "Servitude et simulacre en temps réel et flux constant" publié aux Editions Allia en 2007.

Pour aller plus loin : entretien avec Jordi Vidal

Les Journées Iconoclastes sont organisées par la CNT-AIT et l’Atelier Idéal.
Entrée libre ! ... Restauration et bar possible sur place.

Iconoclasme (nom masc.)
(des mots grecs εἰκών eikôn « image, icône » et κλάω klaô « briser ») est, au sens strict, la destruction délibérée d’images, c’est-à-dire de représentations religieuses de type figuratif (appartenant souvent à sa propre culture), généralement pour des motifs religieux ou politiques.
Ce courant de pensée rejette la vénération adressée aux représentations du divin, dans les icônes en particulier. L’iconoclasme est opposé à l’iconodulie (ou iconodoulie).
Dans un sens second et récent (fin du XIXe siècle), le terme iconoclaste (adjectif ou nom) désigne une attitude ou un comportement d’hostilité manifeste aux interdits, normes et croyances dominantes ou autres valeurs « intouchables ».