Soirées RELACHE qui se sont déroulées entre Septembre 2005 et Juin 2006 ( liste encore non exhaustive ... mise à jour en cours ! )

Documentaire " Les enfants perdus du franquisme "
5 décembre 2005

Projection du documentaire

" Les enfants perdus du franquisme "

" Els nens perduts del franquisme "

de Montse Armengou et Ricard Belis

Documentaire - espagne - 2002 - 30 min.
Production : Muntsa Tarres - Musique : Victor Cortina

avec la participation de Progresso Marin et Juanito Marcos , membres de l’association IRIS (Itinéraires Recherches Initiatives du Sud), qui pourront apporter leur parole sur ces événements et plus encore sur cette période de l’histoire de l’Espagne.

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Voici le résumé sur le documentaire :

On ne dirait peut-être pas, mais c’est un film d’actualité, explique la journaliste catalane Montse Armengou. Jusque-là, o­n ne savait rien de cet enfer. Pendant la dictature, o­n ne parlait pas, mais avec la démocratie, vingt-cinq ans après la mort du dictateur, que savait-on de plus ?
Il aura fallu soixante ans pour que les langues se délient et qu’une page obscure des années de pouvoir de Franco sorte de l’oubli. Le documentaire fait parler pour la première fois des victimes d’une tragédie qui a vu, de 1938 à 1945, des milliers d’enfants être arrachés à leurs mères détenues dans les prisons du Caudillo.

Ces femmes étaient incarcérées parce qu’elles étaient républicaines ou simplement mères, soeurs ou épouses de militants communistes ou anarchistes. Le pouvoir franquiste a voulu soustraire les "enfants de
rouges" de l’influence idéologique de leurs parents en les plaçant dans
des institutions, voire en changeant leur nom, facilitant ainsi les
adoptions irrégulières. Beaucoup de mères n’ont jamais pu retrouver la
trace de leur fils ou fille.

Mme Armengou, qui collabore au magazine d’information "30 minutes" de la télévision publique TV-3 Catalogne, est une jeune femme pugnace. Il lui a fallu un an, pris en charge par la chaîne TV-3, pour retrouver témoins oraux et documents écrits prouvant ces atrocités. Elle a travaillé en équipe avec le journaliste Ricard Belis, le cameraman Walter Ojeda et l’historien Ricard Vinyes, de l’université de Barcelone, spécialiste du
monde pénitentiaire sous le franquisme.

Les recherches o­nt été particulièrement difficiles. Beaucoup de témoins
sont morts. Les mères sont très âgées, souvent malades. Leurs fils et
filles o­nt la soixantaine, ils o­nt encore parfois peur de témoigner. Les
archives sont rares, dispersées, non triées, abîmées par l’humidité, quand elles n’ont pas été délibérément détruites après la mort de Franco. "Et celles, privées, du dictateur, comme celles de la Fondation Francisco-Franco, qui a reçu beaucoup d’argent de l’Etat, ne sont toujours pas accessibles aux chercheurs !", s’emporte Mme Armengou. Elle a convaincu des femmes de parler et trouvé des documents prouvant les faits et l’implication de l’Eglise.

Le film a eu un gros impact lorsqu’il a été diffusé, en janvier 2002, sur l’antenne de TV-3 Catalogne, dans le cadre de "30 minutes". Il a été montré à la télévision basque, primé dans de nombreux festivals, dont le Festival international du grand reportage (Figra 2003), au Touquet (Pas-de-Calais).

A ce jour, le documentaire n’a toujours pas été diffusé par la chaîne publique espagnole TVE, "malgré une intervention parlementaire en ce sens", fait remarquer Mme Armengou, qui dénonce le poids des descendants des franquistes au sein de la TVE et l’ambiguïté d’un "pacte social", qui, au nom de la transition démocratique, impose l’oubli des crimes commis. "En Afrique du Sud, o­n a au moins créé une commission de la vérité, chez nous, non. Pour les victimes, c’est dur."

Depuis, la journaliste poursuit son travail sur le franquisme. Avec notamment Les Charniers du silence, montré en 2003 sur TV-3, sur les chaînes basque, andalouse et la chaîne Histoire, mais toujours pas sur TVE.

(source : http://www.nodo50.org/foroporlamemoria).