Soirées RELACHE qui se sont déroulées entre Septembre 2005 et Juin 2006 ( liste encore non exhaustive ... mise à jour en cours ! )

Les enjeux de la Décroissance
13 février 2006

Discussion-Débat avec Jean-Paul Besset autour de son livre :

"Comment ne plus être progressiste... sans devenir réactionnaire", avec la participation de François Schneider, colporteur de décroissance.


CR écrit sur le site de "Toulouse Décroissance"

Semblables par leur idéologie, mais différents par leurs parcours et leurs façons de communiquer, Jean-Paul Besset et François Schneider sont deux personnalités qui à force d’observation, d’analyse et d’expériences sont arrivés à la même conclusion sur la nécessité de rebattir notre société autour de l’idée de décroissance. Réunis autour des membres du groupe Toulouse Décroissance, des habitués de la Chapelle et de quelques autres personnes ayant entendu parler de la soirée grâce au bouche-à-oreille, ce fut l’occasion pour nous tous de refaire le monde en échangeant nos idées.

Marc a ouvert la soirée en nous racontant l’histoire de la Chapelle et du statut de leur association. C’est en effet dans une véritable église que nous nous sommes retrouvés, qu’un éclairage coloré, un chauffage d’appoint et même un bar transformaient en un lieu de rencontre agréable et convivial.

Animée par Philippe Gagnebet, la soirée a commencé par la présentation de Jean-Paul Besset de son livre « Comment ne plus être progressiste ...sans devenir réactionnaire ? », s’est poursuivie avec les réflexions de François Schneider suite à sa longue marche pour la décroissance, et elle s’est terminée par un débat ouvert entre tous les participants.

Jean-Paul Besset fait le constat d’un modèle social sur le déclin, d’une idéologie - la croissance - ayant atteint ses limites, et d’une catastrophe écologique avérée. Il appelle à remettre en cause l’idéologie progressiste dominante, qui nous conduit aujourd’hui à une impasse du vivant et de l’humain. Il considère que nous devons aller vers une responsabilisation de chaque citoyen et une autolimitation des besoins, des mesures politiques fiscales du polluant et du destructeur, une relocalisation de l’économie.

François Schneider nous invite à une réorganisation totale de nos modes de vie au niveau individuel et collectif, pour aller vers une société soutenable : pour que le niveau d’extraction des ressources naturelles soit bas, cela implique de mettre l’innovation au service de l’écologie, qu’il appelle « l’innovation frugale ». Abandon des technologies autodestructrices par nature (armement, nucléaire, ...), limitation des technologies avilissantes (automobile, aviation, télévision), rerépartition du travail en fonction des besoins vitaux de l’humanité, passage de l’idéal social de « l’avoir » à celui de « l’être », régénération du tissu social, familial, intergénérationnel.
Un mode de vie prônant l’épanouissement personnel et non la course à l’équipement, résumé par le slogan « moins de biens, plus de lien ».

Enfin le débat a permis à la salle d’évoquer différents sujets comme le travail, la pédagogie des catastrophes, les contradictions que l’on vit tous, l’acceptabilité de la décroissance pour certains populations en difficulté, l’idéologie « féodale » actuelle à l’origine des inégalités... Des échanges intéressants et constructifs.

Près de 90 personnes ont participé à cette discussion-débat.