Menace d’expulsion : Réunion publique
Lundi 19 février 2007

REUNION PUBLIQUE

LE LUNDI 19 FEVRIER 2007 A 19h00

A LA CHAPELLE

36 RUE DANIELLE CASANOVA

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Communiqué de l’Atelier Idéal :

Bonjour,

Les choses avancent vite.

Pour la saveur du ton, vous pouvez écouter sur ce site, comme si vous y étiez la déclaration de Mme De Veyrinas qui demande, concernant le projet de maison relais sur le site de la Chapelle, (lundi 29 janvier 2007) aux Enfants de Don Quichotte de l’aider « Il faut que vous nous aidiez car ce lieu est squatté ». L’aider à nous déloger bien sûr afin qu’elle puisse, elle et ses amis, y reloger ses pauvres. Pour bien montrer que cela ne fait de tord à personne, elle ajoute devant la salle qui s’agite « Ce lieu est squatté seulement pour des activités culturelles » sic.
Suite à cette déclaration, les Enfants de Don Quichotte nous ont accompagnés vendredi à l’Archevêché où nous avions enfin obtenu après des mois de sollicitations un rendez-vous avec M. Boccard (directeur du temporel, c’est-à-dire responsable de l’association diocésaine propriétaire du lieu) et Monseigneur Chioetto (vicaire général, représentant de l’évêque).

Outre les Enfants de Don Quichotte, les quatre associations agissant sur le lieu (Planète en Danger, l’Atelier Idéal, La Relâche, l’Amap Casanova) étaient accompagnées de M. Pommart (président de l’association de quartier). Nous espérons avoir l’énergie de retranscrire l’intégralité de l’entretien sur notre site, cela serait intéressant pour ceux qui veulent se faire une idée claire de l’histoire de ce lieu puisqu’il a fallu tout réexpliquer depuis le début, l’Eglise étant semble-t-il quelque peu amnésique. Deux heures de discussion et surtout de longs silences de la part de l’Eglise, pour aboutir à la promesse d’une éventuelle rencontre avec l’archevêque, si celui-ci est d’accord, mais après le 15 février 2007.

Même si M. Boccard nous assure que la vente ne sera pas signée d’ici là, cette date nous inquiète. En effet, c’est le 14 février 2007 que prend fin le délai d’un an de validité du Certificat d’ Urbanisme, dont bénéficie Habitat et Humanisme pour pouvoir, suite à sa petite magouille avec les services d’urbanisme, bétonner le jardin. M.Pommart n’a pas manqué de signifier le « désappointement » du quartier face aux conditions d’obtention de ce Certificat d’Urbanisme et la réduction à néant du travail du Comité de Quartier : 10 ans de lutte pour classer ce jardin en espace vert inconstructible.

Cette chapelle, léguée à l’association diocésaine à la condition qu’elle reste consacrée au culte à perpétuité, ne peut, dixit Monseigneur Collini - archevêque de l’époque - être ni louée, ni vendue. Ce fut la raison invoquée il y a plus de treize ans pour ne pas contractualiser avec Planète en Danger lors de son occupation du site. M. Pommart a signifié à nos interlocuteurs que nombre de personne âgées de ce quartier seraient choquées par le non respect de cette clause testamentaire, vécue comme un non respect de la parole de l’Eglise. M. Boccard, quand à lui, considère que nous avons tous intérêt au non respect de la volonté d’une morte, car cela permettrait enfin de régler le problème de ce terrain, c’est-à-dire - et comment le traduire autrement - de le remettre sur le marché.

M. Boccard nous a conseillé, tout comme le fera Habitat et Humanisme quelques heures plus tard, d’aller voir la Mairie pour lui demander de faire usage de son droit de préemption puis de nous rétrocéder le terrain. Selon lui tout le monde y trouverait son compte ! Surtout l’Archevêché qui remplirait ainsi son escarcelle bien mieux semble-t-il qu’en vendant, pour un prix « dérisoire » mais toujours confidentiel, à Habitat et Humanisme.

En résumé, l’Archevêché reste déterminé à se séparer de ce terrain. Pour ce faire, la carte Habitat et Humanisme reste son meilleur joker. La rédaction des lettres de soutien et témoignage reste donc plus que jamais d’actualité ainsi que la pétition. Sachez qu’Habitat et Humanisme prend la peine de répondre quasi systématiquement aux courriers que vous lui adressez. Cela démontre s’il en était besoin l’importance de ceux-ci.

Si Habitat et Humanisme peut mobiliser ses salariés, notre action totalement bénévole se heurte aux limites de nos membres actifs. Petit clin d’œil à tous ceux et celles qui auraient un peu de temps à investir sur le lieu.

Le 14 février 2007, nous saurons si oui ou non Habitat et Humanisme a déposé un permis de construire, et/ou un permis de démolir, sur le site.

Nous vous proposons donc une réunion publique le lundi 19 février 2007 à 19h00 à la Chapelle.

Plusieurs objectifs à cette réunion :

1/ Le poids du réel :

Examiner la situation actuelle (position de l’Archevêché, proposition d’Habitat et Humanisme, rôle de la mairie de Toulouse, point juridique...).

2/ Le concret de nos imaginaires :

Interroger l’histoire, le projet associatif qui motive notre action sur le lieu, les enjeux politiques que constitue cette expérience pour, à partir de nos désirs et envies, nous déterminer sur l’avenir de ce lieu.

Cette réunion publique nous semble aujourd’hui à propos pour interroger le sens et l’avenir de l’Atelier Idéal - son rôle dans la ville, ses limites, ses contradictions et surtout sa place dans nos imaginaires.

Ce sont bien les imaginaires qui s’agitent autour de ces expériences dites alternatives qui passent par l’occupation de lieux quand s’y inscrit la dimension culturelle.

Quelques mots sur le 2ème point de cette réunion publique.
Nous pourrions à quelques uns continuer à définir notre stratégie, nos envies, et fidèles à notre principe que ceux qui agissent sont toujours légitimes, nous contenter de vous faire part du résultat de nos réflexions.
Elargir le débat n’est pas demander à ceux qui passent de temps en temps, qui sont venus à un spectacle, qui ont été utilisateurs temporaires du lieu, ou simple sympathisant de l’expérience, de dire ce qu’elle sera demain. C’est une façon pour nous de rester fidèles à notre démarche, au garde fou que constitue pour nous la Charte de l’Atelier Idéal. C’est-à-dire de rester ouvert aux bifurcations et à l’écoute du monde qui nous entoure.

De cette Charte, nous retiendrons : L’Atelier Idéal sera ce que nous en ferons. Ce lieu nous n’en avons pas besoin pour nous-mêmes, il est le signe de notre refus d’une ville qui nous opprime. Il est et sera le résultat de nos dynamiques et envies individuelles, de leur confrontation à la dimension collective de cette expérience.

Réconcilier l’individuel et le collectif, c’est le pari sur lequel nous avons choisi de nous appuyer pour construire notre démarche. Nous avons choisi de faire une large place aux activités culturelles et artistiques. Encore un pari. Un pari complexe qui interroge la question du temps, celui de l’activité, du travail, du loisir, de la réflexion, de la paresse.
Enfin notre désir que se côtoient les différences.

Pouvons-nous dès aujourd’hui discuter de la perspective d’une pérennisation du site ? sous quelle(s) forme(s) ? à quelle(s) condition(s) ?

Tout cela pour dire que nous avons aujourd’hui l’envie peut-être de redéfinir, du moins de confronter, cette expérience aux désirs, envies et imaginaires de tous ceux et celles qui sont attachés d’une façon ou d’une autre au fait que cette histoire se poursuive. Votre soutien dit beaucoup de choses. Nous aimerions échanger ensemble autour de ce désir, par delà l’évidence de votre refus de voir un lieu comme celui-ci disparaitre.
Au cas où nous soustrairions pour quelques temps encore ce lieu aux appétits des bétonneurs, il n’est peut être pas trop tôt pour envisager ce que nous pourrions faire ensemble.


REUNION PUBLIQUE

LE LUNDI 19 FEVRIER 2007 A 19h00

A LA CHAPELLE

36 RUE DANIELLE CASANOVA

A bientôt,

L’Atelier Idéal